La rhétorique est une discipline qui trouve ses origines dans la Grèce antique et s'est développée à travers la civilisation romaine. C'est le philosophe grec Aristote (384-322 av. J.-C.) qui a rédigé le premier ouvrage sur la rhétorique, en mettant en valeur les concepts de logos (raison), d’ethos (caractère de l'orateur) et de pathos (émotion). La rhétorique repose sur un ensemble de principes et de techniques utilisés pour persuader, convaincre et émouvoir les auditeurs. Elle structure notamment le discours en plusieurs parties distinctes, chacune ayant une fonction spécifique.
L'exorde est la première partie d'un discours. Elle vise à attirer l'attention du public, à établir un lien avec lui et à définir le sujet du discours. L'exorde peut prendre la forme d'une question, d'une citation, d'une anecdote ou d'une déclaration.
Le narratio (ou narration) est la deuxième partie du discours. Elle consiste à présenter les faits, les événements ou les situations qui sont liés au sujet du discours. Son objectif est de fournir à l'auditoire les informations nécessaires pour comprendre le contexte et les enjeux du discours.
Le partitio (ou division) est la troisième partie du discours. C'est une courte section où l'orateur annonce les points principaux qu'il va aborder. Elle sert de plan ou de sommaire, aidant l'auditoire à suivre le fil du discours.
La confirmatio (ou confirmation) est la quatrième partie du discours. Elle consiste à développer les arguments et les preuves qui soutiennent la thèse du discours. La confirmatio vise à convaincre l'auditeur de la justesse de l'argumentation.
La refutatio (ou réfutation) est la cinquième partie du discours. Bien que parfois intégrée à la confirmatio, la refutatio peut être une section distincte dans laquelle l'orateur répond aux objections et aux arguments contraires qui pourraient être émis contre la thèse du discours. La refutatio vise à anticiper les objections et à les réfuter.
La peroratio (ou conclusion) est la sixième et dernière partie du discours. Elle consiste à résumer les points principaux, à renforcer l'argumentation, et à appeler à l'action ou à la décision. Elle doit laisser un souvenir durable à l'auditoire. La peroratio vise à convaincre l'auditeur de la justesse de l'argumentation et à le motiver à agir.
Au XVIe siècle, la rhétorique connaît un renouveau significatif, notamment grâce à l'humanisme de la Renaissance qui redécouvre et valorise les textes classiques grecs et romains, notamment ceux d'Aristote, Cicéron et Quintilien. Les humanistes cherchent à réintégrer ces connaissances dans l'éducation et la culture de leur époque. La rhétorique devient une partie centrale du curriculum éducatif et est enseignée dans les écoles, les collèges et les universités. Elle est considérée comme essentielle pour former des citoyens cultivés. Elle est l'un des trois arts majeurs, avec la logique et la grammaire, du « trivium » (« trois chemins » en latin) qui précède le « quadrivium » (qui comprend de l'arithmétique, de la musique, de la géométrie et de l'astronomie) dans le premier niveau universitaire, avant les hautes facultés où s'enseignent les disciplines reines : la médecine, le droit et la théologie.
Étienne de La Boétie a étudié le droit à l'université d'Orléans, une institution réputée pour ses études juridiques. À cette époque, les étudiants en droit étaient exposés à une éducation large qui incluait non seulement le droit romain et canonique, mais aussi les arts libéraux, parmi lesquels la rhétorique occupait une place importante. La maîtrise de la rhétorique était considérée comme cruciale pour les futurs juristes et avocats, car elle leur permettait de plaider efficacement et de convaincre dans les tribunaux, notamment grâce à l'exercice de la déclamation (inventer un discours, en général à partir d'une trame proposée par le professeur qui indique aussi si l'étudiant plaidera pro ou contra, et qui vise à préparer les étudiants au barreau).
Cependant, il est important de souligner que cette rhétorique de la Renaissance est sujette aux mêmes critiques que la rhétorique antique. Bien qu'elle offre une formation à la fois technique, visant à savoir prononcer un discours bien structuré et philosophique, à enseigner à connaître et à défendre le bien, elle peut également être utilisée à des fins moins nobles, se mettant au service du plus offrant. Ce débat ravive la controverse ancienne entre philosophes et sophistes.
Les sophistes étaient à l'origine un groupe de philosophes et d'enseignants de la Grèce antique, particulièrement actifs au Ve siècle avant J.-C. Ils étaient connus pour leur expertise en rhétorique, l'art de la persuasion, et pour leur capacité à enseigner l'art de l'argumentation et du discours. Ils ont souvent été critiqués par des philosophes, notamment Socrate, Platon et Aristote, qui les accusaient de manipuler la vérité et de privilégier le gain matériel sur la quête de la connaissance et de la vertu. Platon, en particulier, a critiqué les sophistes dans ses dialogues, les dépeignant souvent comme des manipulateurs qui utilisaient la rhétorique pour tromper et persuader sans se soucier de la vérité ou de la justice.
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